Retour sur l'Agile Tour Bordeaux 2015

Cette année, l’Agile Tour Bordeaux a mis à l’honneur le bonheur au travail, sur 2 jours. La promesse de ce bonheur a été tenue, mais je n’ai pas vraiment eu le temps de ressentir le travail tellement je me suis amusé et passionné pour cet événement. Cette année, je n’étais pas organsiateur, juste participant le premier jour, et orateur le deuxième jour. C’est donc avec un immense plaisir que je vous fais part de cette expérience.

Le bonheur (au / sans le) travail

Lionel Dricot alias Ploum

Une ouverture audacieuse pour cet Agile Tour, avec Lionel Dricot, blogueur sous le nom de Ploum, qui nous a parlé du bonheur sans travail. Partant du constant que les emplois manquent en période de crise alors que les travailleurs manquent en période de prospérité, le plein emploi a toujours été compliqué à atteindre. Mais la situation devrait empirer : de plus en plus de métiers sont effectués par des machines. De ce fait, il deviendra, dès la prochaine décénie, de plus en plus compliqué d’atteindre le plein emploi. La croissance serait un choix de société.

Un autre constat de Ploum : lorsqu’on demande à quelqu’un ce qu’il fait dans la vie, il répond qu’il est “Chauffeur de bus” ou “Chirurgien”. Son métier le définirait ? Pourquoi ne nous définirions-nous pas par ce que nous aimons : “j’aime faire de la plongée, du cyclisme et écrire sur mon blog. Et j’aime développer des logiciels aussi”. Un petit test simple, à l’aide de 3 questions : “Aujourd’hui selon vous quelle est la chose la plus importante que vous avez accompli dans votre vie ?”, “Que voulez-vous que vos proches retienne de vous ?” et “Quelle est la 1ère chose que vous allez faire demain si lundi on y passe tous ?”. Le travail est dans combien de réponses pour vous?

Le travail ne serait donc pas nécessaire pour Ploum. Il serait même “impossible de faire comprendre quelque chose a quelqu’un si son salaire dépend du fait ne comprenne pas”. Alors pourquoi pas fonder notre société sur le revenu de base dès aujourd’hui afin d’assumer cette nouvelle mutation ?

Une journée de Bonheur

La géométrie Gnancraft

Avec cet excellent lancement, j’étais en bonnes conditions pour aller faire quelques conférences. Mon premier choix s’est porté sur “Mob mob mob Programming” : programmer des mobs (entités minecraft), en mob (groupe). La promesse, faire faire de la natation synchronisée à des poulpes, a été tenue par Jonathan Perret et Emmanuel Gaillot. Très difficile de décrire cette conférénce : du javascript dans une console de jeu vidéo pour faire apparaitre des éléments, les animer, etc… Et le tout sur un serveur ouvert auquel nous pouvions tous participer. Autant le moment que ce qui s’est déroulé sous nos yeux étaient magique.

J’ai ensuite participé à deux retours d’expériences: l’un de La Poste et l’autre de l’IUT MMI de Bordeaux. Très enthousiasmant ! D’un côté, Jérôme Mansuy et Arnaud Lahoule nous comptent leurs chemins parallèles vers l’agilité au Service National des Adresses. Chacun de son côté, ils ont expérimenté des pratiques agiles avant de se retrouver à nager ensemble dans le grand bain. Les difficultés de compréhensions, les expérimentations successives, racontées devant des collègues. Malgré tout, une grande authenticité dans ce riche témoignage.

Jérôme Mansuy et le Sketching de sa conférence

De l’autre côté, Martine Bornerie, assistée de Irène Doan, nous a fait part de la première saison de l’agilité pour l’enseignement dans un IUT Métiers du Multimédia et de l’Internet. En pratiquant la pédagogie inversée, en appliquant des pratiques itératives et la facilitation graphique, Martine a créé une énergie créatrice et une envie d’apprendre sans précédent chez ses étudiants. Le résultat, par exemple, d’une journée et demi de travail sous forme de video en est d’ailleur une très bonne illustration. Tout ceci donne vraiment envie de changer la manière de former les personnes. Personnellement, j’en ai même culpabilisé d’avoir un support de formation à dérouler quand j’aurais préféré donner uniquement des ateliers de découverte. Je me sens d’autant plus frustré que mes enfants n’aient pas plus ce type de travail à l’école. Chaque chose en son temps, tout ceci viendra tôt ou tard.

Martine Bornerie et Irène Doan

A la recherche du bonheur

Alexis Monville

La clôture de la journée, avec Alexis Monville, nous a donné de quoi réfléchir à ce qu’était le bonheur et comment l’atteindre, à coup de statistiques et articles de recherche. Plutôt que de paraphraser cet excellent travail, je vous invite à lire son article sur le sujet. Dans tous les cas, j’ai adoré voir sous cet angle tous les concepts et toutes les idées qui m’étaient chers. Très belle manière de terminer cette journée déjà très riche.

L’ordre des développeurs

Le soir, nous avons profité du traditionnel Off qui Prout juste à côté, à la causerie des Chartrons qui avait été privatisée pour l’occasion. J’ai vraiment aprécié de voir le succès sans précédent de cette soirée, cet événement dans l’événement. Malheureusement, le manque de bière en quantité suffisante pour les geeks a pousser le groupe à se séparer assez tôt. La soirée pour le groupe que j’ai suivi a toutefois été très sympathique.

Jean-Baptiste Dusseaut alias Bodysplash s'essaie à la Keynote

Le lendemain, il restait encore assez d’énergie à Jean-Baptiste Dussault pour nous entrainer avec lui dans son idée un peu folle mais géniale de créer un ordre des développeurs. Comme l’ordre des avocats, ou l’ordre des médecins, mais pour les développeurs. Après une constatation du manque d’engagement de certains développeurs dans leur métier, le rappel du carriérisme “hiérarchique”, poussant le développeur à devenir chef de projet pour avancer en entreprise, JB nous a parlé de piraterie. Le code des pirates incluait de nombreux éléments jugés intéressants pour organiser un groupe hétérogène de personne partageant un même métier. Et ce métier de pirates, bien que peu éthique, condamnait l’excès de cruauté et privilégiait une démocratie complète.

Sans nous encourager à rejoindre le parti pirate, ni à profiter du bien de qui que ce soit, il nous a donc proposé de rejoindre une nouvelle organisation professionnelle et à la construire dans un atelier participatif le matin même. Très intéressant de se dire que nous pourrions avoir un corps de métier structurer à terme. Affaire à suivre…

Coaching, psychomotricité et Kafka

"Moi, coach agile: psychomotricien d'équipe" par Bastien Gallay et Cédric Bodin, le feedback

J’aurais bien aimer participer à cet atelier, mais j’avais des obligation : avec Cédric Bodin, nous devions donner notre conférence “Moi, coach agile : psychomotricien d’équipe”. Notre conférence faisant appel au public pour improviser des saynettes sur des sujets aussi divers que la posture du coach et du psychomotricien, le trouble de l’attention et la focalisaiton d’équipe ainsi que le refus d’accompagnement. Cédric et moi, pour la deuxième fois, avons passé un excellent moment. Et à en voir le feedback, les participants aussi !

Juste après nous, mon cher collègue Sam Cranford nous a fait voyager dans un univers absurde : l’univers kafkaïen du développement informatique. Quelques constats : de nombreux développeur travaillent sur une application dont ils ne connaissent pas la finalité, les développeur, à l’instar des infirmières, doivent prendre un poste de management pour se voir augmenter, etc… Nous sommes donc dans une successions de situations vaines dans le monde du logiciel.

Mais Sam ne s’arrête pas là : des solutions existent. En effet, en parcourant les dysfonctions de l’équipe, les chevaliers de l’apocalypse et d’autres référentiels pour améliorer la dynamique d’équipe, il nous propose des solutions simples. Pour conclure, nos valeurs d’humilité, de maturité et d’honnêteté sont donc nécessaire pour soutenir ce travail.

L’après midi, avec le calme de l’open space, nous a permi de nous ouvrir à l’idée d’une agilité en couple sur l’idée originale de Aurélie Le Guillou. Rien à voir avec des positions tordues, mais plus avec les postures différentes face au couple. Une image valant mille mots, vous trouverez mon enregistrment graphique ci-contre. Voici aussi le manifeste du couple agile issu de cet atelier :

Nous apprenons à mieux vivre le couple par la pratique et en aidant les autres à le faire. Ceci nous a amené à valoriser:

  • Les individus et leurs interactions plus que les automatismes et les obligations

  • Un couple qui fonctionne plus que la comptabilisation des efforts

  • La collaboration avec le conjoint plus que l’engagement contractuel

  • L’adaptation au changement plus que le suivi d’un plan

Sketching - L'agilité dans le couple

Cette année encore, l’agile tour Bordeaux a été un très bon moment d’apprentissage, de partage et de détente. Je remercie une nouvelle fois toute l’équipe d’organisation qui ont réalisé une très belle édition de l’Agile Tour Bordeaux cette année. J’ai entendu et lu cette phrase de nombreuses fois, aussi je ne serai pas très original en l’utiisant en conclusion : si toutes nos journées de travail pouvaient ressembler à ça, ce serait le bonheur !